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Les micro-organismes résistants aux antimicrobiens

Avis d’expert

Au cours des années 1990, la résistance aux antibiotiques s’est accrue dramatiquement et elle est reconnue comme étant l’une des menaces les plus sérieuses au traitement des maladies infectieuses. C’est la raison pour laquelle l’Organisation mondiale de la santé a diffusé une mise en garde importante dans son récent rapport sur les moyens de surmonter la résistance aux antimicrobiens. Outre les augmentations considérables dans les coûts et la plus grande toxicité des médicaments plus récents, les organismes résistants aux antibiotiques poursuivent continuellement leur érosion des médicaments actuels, ne laissant que peu ou pas d’autre option.

Le contrôle de la résistance aux antimicrobiens est difficile et exige une approche à multiples facettes, notamment réduire la prescription de médicaments autant pour les humains que les animaux, limiter la transmission des organismes résistants par de meilleurs contrôles des infections et des pratiques d’hygiène environnementale, et surveiller les tendances de la résistance. L’usage abusif d’antibiotiques est considéré comme le principal facteur de l’émergence et de la propagation de la résistance aux antibiotiques, et le fait d’en arriver à un équilibre écologique adéquat au moyen d’une utilisation judicieuse constitue le facteur clé qui nous permettra de surmonter le défi posé par la résistance.

John Conly, MD

Publications clés

 

Les programmes canadiens sur la résistance aux antimicrobiens 

Le Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN) a communiqué des données de surveillance en laboratoire obtenues de 49 sites sur plusieurs agents pathogènes associés aux hôpitaux, y compris le SARM, les ERV et C. difficile. 

Le Laboratoire sur la résistance aux antimicrobiens et les infections nosocomiales du Laboratoire national de microbiologie situé à Winnipeg offre des tests moléculaires de souches du SARM, des ERV et de la BLSE contractées au sein des hôpitaux et de la collectivité. 

La Canadian Antimicrobial Resistance Alliance (CARA) fournit des données en ligne obtenues de plusieurs études de surveillance sur les organismes résistants aux antimicrobiens aussi bien que des ressources pédagogiques sur la résistance aux antimicrobiens. 

Le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) est un programme de surveillance fédéral des agents pathogènes entériques tant chez les humains que chez les animaux, y inclus des données obtenues de sites agricoles, du secteur des aliments au détail et cliniques. 

L'Association pour la prévention des infections à l'hôpital et dans la communauté-Canada(CHICA) offre un service d'orientation aux programmes de contrôle des infections par le biais de ses associations membres à l'échelle du pays. De nombreuses ressources RAM figurent au site suivant.

 

La sensibilisation aux antibiotiques au Canada

De nombreux organismes liés au domaine de la santé ont agi de concert pour promouvoir une utilisation judicieuse des antibiotiques et de contrer la menace des bactéries résistantes aux antibiotiques. On espère que ce site Web sensibilisation aux antibiotiques servira à améliorer la santé publique au Canada en offrant des outils pratiques qui visent à contrer la menace de la résistance aux antibiotiques.

Le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM)

Le Staphylococcus aureus est la cause la plus commune des infections cutanées, y compris les furoncles et la cellulite, mais il peut provoquer des infections plus graves qui incluent la pneumonie et des infections du sang et des os. La plupart des agents pathogènes S. aureus sont résistants aux antibiotiques bêta-lactimines tels que la pénicilline et l'amoxicilline, et est attribuable à la production d'enzymes de dégradation (bêta-lactamase). Si le S. aureus développe une résistance aux antibiotiques bêta-lactimines semi-synthétiques (ou antistaphylococciques), des céphalosporines et des carbapenems dus à une protéine de liaison à base de pénicilline mutante, on la qualifie de Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM). Le SARM a d'abord été signalé dans le milieu hospitalier, mais les souches résistantes se sont également manifestées au sein de la collectivité. Les souches responsables de l'évolution de la résistance au sein de la collectivité sont généralement susceptibles à une plus large gamme d'antibiotiques, mais au cours des dernières années, la distinction entre les souches d'origine hospitalière et d'origine communautaire est plus floue vu le déplacement des organismes à l'intérieur et à l'extérieur du milieu des soins de santé. Selon les résultats de 2006 du Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN), le taux d'incidence global du SARM était de 8,04 par 1000 admissions (2,7 admis pour infection et 5,34 pour la colonisation). Des 5787 nouveaux cas signalés en 2006, 77 % étaient associés au milieu des soins de santé (soit des hôpitaux ou des établissements de soins de longue durée) et 15 % étaient d'origine communautaire. 

La prévalence du SARM s'accroît rapidement au Canada. Le taux du SARM aux États-Unis est en hausse depuis plusieurs années et il a actuellement atteint un taux de 60 % dans de nombreuses régions. Il existe cinq caractéristiques qui contribuent à l'acquisition d'une infection staphylococcique (et au SARM là où il est présent) qu'on appelle en anglais les cinq « c » : l'entassement (crowding), le contact cutané (contact), une défense affaiblie, p. ex., la peau éraflée (compromised), la contamination, p. ex., des objets ou des surfaces partagés (contaminated) et l'insalubrité (cleanliness, lack of). La préoccupation du SARM s'aggrave chez les populations où ces facteurs sont communs tels que les établissements correctionnels, les équipes sportives et les groupes d'utilisateurs de drogues injectables.

L'Enterococcus résistant à la vancomycine (ERV)

Les entérocoques se trouvent dans le tractus gastro-intestinal chez la plupart des personnes, mais ils peuvent aussi être présents dans l'urètre spongieux, le vagin, la peau, l'oropharynx ou dans la bile. Les entérocoques peuvent également coloniser les plaies, les ulcères et les sites en contact avec les instruments médicaux chez les patients hospitalisés, et ils constituent l'une des causes communes des infections associées aux soins de santé. Certaines souches d'Enterococcus faecium et d'Enterococcus faecalis ont développé une résistance à des niveaux d'antibiotiques vancomycines élevés. 

Les données de surveillance du PCSIN démontrent que le taux d'ERV au Canada demeure faible. Entre octobre 1998 à 2005, 3037 nouveaux cas ont été signalés avec un taux d'infection approximatif de 6,3 %. Au cours de ces sept années, on a vu une augmentation allant de 0,37 par 1000 patients admis en 1998 à 1,32 par 1000 patients admis en 2005, soit une augmentation de 3,6. 

Les facteurs de risque d'infection par les ERV comprennent la gravité de la maladie sous-jacente, la présence d'instruments médicaux effractifs, l'utilisation d'antibiotiques et la durée du séjour à l'hôpital. Les ERV sont le plus souvent propagés par les mains colonisées transitoirement des travailleurs de soins de santé après un contact avec les clients, les patients ou les résidents colonisés ou infectés, ou après avoir manipulé du matériel ou de l'équipement contaminé. Les patients hospitalisés pour des raisons de portage gastro-intestinal d'ERV sont les principaux hôtes réservoirs.

Les organismes producteurs de bêta-lactamase au spectre étendu (BLSE)

Les membres de la famille des entérobactéries appelée Enterobacteriaceae, y compris l'Escherichia coli et laKlebsiella pneumoniae, peuvent exprimer des gènes plasmiques qui encodent pour les enzymes bêta-lactamase qui sont capables d'hydroliser tous les antibiotiques bêta-lactimines, y compris les céphalosporines et l'aztréonam de troisième génération. Les plasmides qui contiennent la BLSE renferment souvent d'autres gènes servant à la résistance antimicrobienne, ce qui limite encore plus les choix en matière de traitements des infections provoquées par ces organismes.

L'augmentation du taux de prévalence de BLSE de la classe CTX-M produisant l'E. coli dans les milieux hospitaliers et communautaires fait l'objet d'une préoccupation particulière. Ces organismes ont une résistance à de multiples classes d'antimicrobiens, y inclus la plupart des agents thérapeutiques de première ligne et la plupart des antimicrobiens oraux, ce qui limite de façon grave les choix en matière de traitements des patients externes.


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